1969 aux Tobago Cays.

« Avertissement« . Je te préviens, cet article est saturé d’images pénibles voire choquantes.  Des images aérées, lumineuses, colorées et respirant la joie de vivre.

Cet article est également chargé de réflexions et d’émotions contrastées. Devenir nomade offre, certes, du temps d’évasion mais également une forme de recueillement propice aux questionnements et aux projections. Et plus particulièrement en 2021, quand le monde se transforme en temps réel sous tes yeux.

Bref, te voilà prévenu(e). Si tu es d’humeur chafouine aujourd’hui parce que le monde est globalement un tantinet morose, cela pourrait s’arranger à la lecture de ce qui suit. Ou pas ! »

Mouillage aux Tobago Cays, la carte postale des agences de voyage.

Pour l’instant, grimpe dans la DeLorean et claque bien la portière parce qu’on part en 1969, année exotique aux Tobago Cayes…

En 1969, la plaisance hauturière en est à ses premiers balbutiements. Deux étudiants, Gérard Janichon et Jérôme Poncet entament sur leur voilier de 10m, Damien, un des premiers tours du monde qui sera ensuite médiatisé et fera de nombreux émules.

En 1969, Bernard Moitessier, en tête du premier Golden Globe Challenge annonce au monde entier (En parachutant des cassettes au lance-pierre sur un cargo, pas par satellite !) qu’il abandonne volontairement la compétition : « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme »

En 1969, au dire des habitants de l’ile de Mayero interrogés aujourd’hui, il y avait maximum dix voiliers de voyage au mouillage aux Tobago Cays. Dix aventuriers des mers.

En 2021, il n’y a également que dix voiliers de voyage au mouillage aux Tobago Cays. Habituellement, on peut en compter plus d’une centaine incluant de nombreux yachts de Charter déversant chaque jour leurs flots de torses et cuisses blanches à faire rissoler au soleil avant de regagner l’hôtel.

En 2021, les seuls touristes dans ces îles des Grenadines (Béquia, Mayero, Union) sont arrivés par la mer, sur leur voilier, par leurs propres moyens. Étonnante expérience que ce flashback qui voit la disparition brutale de l’intégralité du tourisme de masse et qui laisse les habitants groggys, manquant d’imagination pour un autre futur.

En 1969, la barrière de corail vivait.

En 2021, la barrière de corail est morte à 90%, blanchie et sédimentée par l’élévation de la température et l’acidification des océans. Regarde le documentaire « Chasing Coral » et tu pourras déprimer avec nous, merci.

Les Grenadines en 2021 c’est ce contraste de pouvoir découvrir tous ces références du tourisme d’une manière complètement privilégiée tout en prenant intimement conscience qu’il est impossible d’y remettre durablement 20 fois plus de voiliers, que cette nature ne peut pas tolérer sans souffrir le charter de masse, la prolifération des super yachts et des hôtels de luxe qui concentrent les milliardaires, que le plastique est partout de la plage à la mangrove et qu’internet haut débit s’est développé beaucoup plus vite que les centres de traitement de déchets. Oui, ici, au paradis, il n’y a pas d’eau douce et on brûle les déchets en plein air. Envers du décor.

Salt whistle bay à Mayero. Sans voiliers, sans personne ! On va pouvoir vendre la photo à Bénéteau.
Promis, y a pas de filtre…
Là, normalement, tu devrais voir plus de 100 bateaux. Faut-il qu’ils reviennent ?
Pas tous les jours qu’on s’en fait, des souvenirs comme ça…
Retourner à l’état naturel…
Ben oui, j’étais bien obligé d’acheter une machette pour survivre !
Chez Bob à Mayero et ses mémorables soirées djembe !
Bel état de fruits et légumes mais full import from US or Canada. Rien de local.
On est quasi seuls sur la place du village à Union. Heureusement que les chevrettes nous accompagnent.
Mention spéciale au ciné boat à cumberland bay. On y est restés que deux jours pour ne pas y rester deux ans.
Mais que revendiquent-elles ?
Une rivière comme chemin et c’est le bonheur…

Dur, dur cette étape. Un lieu accueillant ou quelques charmants équipages de bateaux spectacles (Magico sea’rcus, Ciné Searcus) ont choisi de laisser passer la grisaille Covid, une ferme en permaculture, un torrent bien frais en guise de baignoire et l’indolence de la baie de Cumberland au milieu d’une nature exotique et préservée. On a levé l’ancre avec le sentiment de faire une erreur !

« En voyage, le premier jour, on se demande pourquoi on est parti. Les autres jours, on se demande comment rentrer. » Sylvain Tesson.

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