A chacun son inconnu…

Lorsque qu’en fin d’après midi les contours des cimes d’ilha Dourada se dessinent à l’horizon, tu as bien le droit de te sentir un digne fils de Vasco de Gama (qui n’a pas découvert cette ile !)

A ceci près que tes outils modernes de navigation te situant au mètre près, la prouesse est moindre de celle de Joao Zarco qui, en son temps, à pris possession par hasard du caillou qui lui a offert abri et protection aussi improbables que bienvenus lors d’une tempête qui faisait souffrir ses caravelles. Il l’a donc appelé Porto Santo, (Port Saint, fais un effort, merci…) pour avoir sauvé ses montures d’exploration pas aussi agiles dans le gros temps que les derniers IMOCA.

Chaque escale est une promesse mais Porto Santo avait décidé ce soir là de sortir le grand jeu et après que trois jours de mer eussent lessivés l’agitation des quartiers portuaires de Lisbonne, tu t’imagines bien que nous nous sommes laissés apprivoiser plus facilement qu’un thon au bout de ta ligne.

Néanmoins, afin d’être en phase avec notre temps, nous avons fièrement arboré, non pas les armoiries d’Henri le Navigateur, mais le pavillon Q (quarantine, le ptit jaune) pour montrer patte blanche et demander courtoisement à ce qu’une gentille infirmière te grattouille les narines afin qu’on puisse te rendre à la vie publique.

Ce que les Portugais ont fait vite, bien et avec le sourire. Merci pour leur gestion rigoureuse mais détendue et souriante du grand C. (c’est comme Voldemort, on ne prononce plus son nom)

Et c’est la que l’arme secrète du marin entre en jeu; les pieds. Aussi lents sur terre que ton voilier sur l’eau , ils permettent quand même d’aller vérifier un peu partout que ce Zarco à bien tout cartographié avant d’avoir abusé de la poncha local.

Et comme toujours dès que tu les laisses reprendre contact avec la terre ferme, hâtifs et indisciplinés, ces pieds revendiquent leurs droits à fouler encore et encore un peu plus de poussière, chaque sentier dissimilé au creux des roches, chaque escalier de pierre sculpté hier par des hommes plus durs que toi, chaque plaine de sable ou se dissimule une tribu immobile, bestiaire minéral façonné par chaque tempête.

Alors, tant pis s’il est trop tard pour figurer au panthéon des grands explorateurs, tant pis si la NASA scrute chaque caillou de la-haut avec la cruelle intention de désenchanter le globe, la mélopée des pas t’offre le nouveau monde et voilà que tu te permets de douter que Zarco et ses sbires aient bien pu tout découvrir et qu’il te reste toujours un peu d’inconnu, rien que pour toi…

Moi, j’ai la tête sur les épaules ! A manger j’ai trouvé…

Porto Santo est une famille posée au milieu des flots, et certains voiliers ont bien du mal à détacher leurs amarres de ce petit havre. Sa grande soeur nous tend pourtant les bras alors on vous laisse pour répondre à l’appel de Madeira, autre promesse pour laquelle tu sens déjà tes pieds s’agiter, n’est ce pas ?!

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